Le blog Droit administratif

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20 02 2026

20 février 2026

Le détachement d’un fonctionnaire sur un emploi de collaborateur de cabinet : entre mise à l’écart des garanties statutaires et absence de droit au maintien dans la collectivité d’accueil

       Le pouvoir ainsi reconnu aux autorités territoriales en matière de recrutement sur un emploi de cabinet relève de l’Article L. 333-1 du code général de la fonction publique en vertu duquel « pour former son cabinet, l’autorité territoriale d’une collectivité peut librement recruter un ou plusieurs collaborateurs et mettre librement fin à leurs fonctions ». Cette liberté de recrutement, qui déroge au droit commun applicable aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, se traduit notamment par l’inapplicabilité de la procédure de sélection prévue par le décret n° 88‑145 du 15 février 1988, alors même que celle‑ci vise normalement à garantir l’égal accès aux emplois publics[1].  Cette faculté reconnue aux autorités territoriales de procéder au recrutement de collaborateurs de cabinet illustre, selon nous, la volonté de préserver la liberté des élus dans le choix de leurs collaborateurs. C’est le décret […]

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22 01 2026

22 janvier 2026

Que faire des recours artificiellement inintelligents ?

Parmi les sujets qui montent fortement dans le droit processuel, notamment le droit du contentieux administratif, figure celui des recours juridictionnels générés par des outils d’intelligence artificielle (IA). De tels outils sont en effet de plus en plus sollicités pour confectionner entièrement le recours soumis au juge. Même si, pour l’heure, cette utilisation semble le plus souvent réservée aux requérants solitaires, non accompagnés par un professionnel du droit, certaines affaires font apparaître que les avocats eux-mêmes peuvent être amenés à produire au juge des recours générés par de l’IA[1]. Il faut dire que les requérants sont libres de recourir à des outils d’IA pour préparer leur recours : il en va de leur liberté personnelle, constitutionnellement garantie, qui implique le droit de faire usage de tous les moyens légaux les mieux à même de défendre leurs intérêts. Et les avocats eux-mêmes, […]

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15 01 2026

15 janvier 2026

Fermeture temporaire d’un débit de boissons et pouvoir de police générale du maire

L’arrêt commenté pose la question de l’articulation entre police générale du maire et police spéciale du représentant de l’État en matière de fermeture de débits de boissons. Un tel concours de polices avait donné lieu à des positions divergentes de la part des juges du fond, si bien que la solution du Conseil d’État était attendue. En s’inspirant de sa jurisprudence antérieure, ce dernier va considérer qu’un maire ne peut pas, au titre de ses pouvoirs de police générale, s’immiscer dans l’exercice de la police spéciale en ordonnant la fermeture temporaire d’un débit de boisson, sauf en cas de péril imminent. Le concours de polices générale et spéciale constitue une thématique ancienne et somme toute classique. Il fait pourtant encore partie « des questions les plus délicates et les moins bien fixées du droit administratif » (S. RENARD, Concours des polices administratives, […]

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24 12 2025

24 décembre 2025

Le régime contentieux des ordonnances des articles 47 et 47-1 de la Constitution

La Constitution du 4 octobre 1958 a introduit un mécanisme singulier au sein de son article 47. Celui-ci autorise la mise en vigueur du projet de loi de finances par voie d’ordonnance dans l’hypothèse où le Parlement ne se serait pas prononcé dans le délai constitutionnel de 70 jours qui lui est imparti[1]. En 1996, ce dispositif a été étendu aux lois de financement de la sécurité sociale, le délai étant ici de 50 jours, conformément à l’article 47-1[2]. La consécration des ordonnances budgétaires dans le texte constitutionnel de 1958 est le fruit d’une volonté politique : mettre un terme aux dérives des régimes précédents en contraignant le Parlement à donner – ou à refuser – un budget à la France avant le début de l’exercice budgétaire. Par la menace de dessaisissement que cet article fait planer à l’égard d’une des […]

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05 12 2025

5 décembre 2025

Au sein de la fonction publique, les autorisations spéciales d’absence souffriraient-elles d’un handicap ?

Résumé : Afin de participer au maintien dans l’emploi des agents en situation de handicap, le droit de la fonction publique n’autorise officiellement aucune autorisation spéciale d’absence (ASA) en vue du suivi et de la réalisation de soins à l’hôpital pour ces agents. Quelle solution ces agents ont-ils afin de ne pas perdre une journée de congés classiques pour des soins ou une somme financière propre à chaque journée non rémunérée à cet effet. Par cette étude, différents mécanismes juridiques sont explorés afin d’envisager ou non, la possibilité d’autorisations spéciales ou de dispositifs équivalents en vue des soins et du suivi des agents handicapés. « Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? » Ce monologue de Don Diègue dans le Cid de Corneille pourrait tristement s’appliquer pour toutes les personnes handicapées, attendant […]

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