En présence de tous les auteurs du GAJA, l’éditeur Dalloz a lancé en grande pompe la réimpression de la toute première édition de l’ouvrage, celle de 1956. Profitant de l’occasion, l’annonce de la réimpression en deux tomes du cours du Président Odent a également été faite, ouvrage désormais introuvable qui trouvera incontestablement un grand succès. L’éditeur a enfin affirmé que la 16e édition du GAJA était prévue pour 2007.

En ouverture du colloque Madame le Professeur Gonod, qui préface la réimpression de la première édition, a pu retracer la genèse du GAJA. En 1952, René Cassin, alors vice-président du Conseil d’Etat souhaite qu’un ouvrage retrace les grands traits de la jurisprudence administrative afin de pouvoir la faire connaître aux avocats qui plaideront devant les futurs tribunaux administratifs, mais également aux universitaires et aux étrangers qui sont demandeurs d’un ouvrage de synthèse. En accord avec le Professeur Marcel Waline, il confie la rédaction de cet ouvrage aux majors respectifs de l’ENA et de l’agrégation de droit public qui n’avaient que 26 ans : Marceau Long et Prosper Weil. Devant l’ampleur de la tâche, Guy Braibant, alors jeune auditeur au Conseil d’Etat, leur est adjoint. C’est ainsi que naît en 1956 la première édition du GAJA.

Après 15 éditions, 52 arrêts ont été retirés du GAJA mais les 18 premiers arrêts n’ont pas été touchés. La première édition comptait 114 arrêts, la 15e 118. Si le nombre d’arrêts est resté stable, le volume a plus que doublé, l’ouvrage fait désormais près de 1000 pages. Toutefois les auteurs ont confirmé que le cap des 1000 pages ne serait pas dépassé. Le premier tirage des grands arrêts était de 2 500, la 15e édition s’est vendue à près de 30 000 exemplaires : le GAJA est un best-seller.

Le grand moment d’émotion du colloque a évidemment été la question des « futurs grands arrêts », qui avaient déjà récemment fait l’objet d’un débat sur le blog du Professeur Rolin. En substance, le Professeur Lachaume a proposé l’abandon de l’écran législatif en matière de contrôle de constitutionnalité des lois, le recours des tiers contre le contrat administratif (recours spécifique, non le recours pour excès de pouvoir), la fin de l’irresponsabilité du législateur en cas de violation du droit international, le contrôle de la réciprocité des traités, une nouvelle réduction de la catégorie des actes de gouvernement, la fin des jurisprudences Ternon et Duvignères. Le président Labetoulle s’est personnellement montré favorable au recours contre le contrat et à l’abandon de la jurisprudence Arrighi.

Les actes du colloque seront prochainement publiés à la RFDA.
P. GONOD, « 1952-1953 : la naissance des grands arrêts »
J.-L. MESTRE, « Les grands arrêts antérieurs à 1873 »
B. PACTEAU, « Les grands arrêts ignorés »
J.-L. AUTIN, « Les grands arrêts disparus »
D. LABETOULLE, « La préparation d’un grand arrêt »
B. POTIER DE LA VARDE, « Les avocats aux Conseils et les grands arrêts »
M. DEGUERGUE, « Déclin ou renouveau de la création de grands arrêts »
J.-F. LACHAUME, « Les futurs grands arrêts »