Bien souvent, un simple coup de fil aux parties devrait logiquement suffire à réparer la bourde. Le problème de la date d’enregistrement de la requête ne poserait même pas de difficulté, le requérant possédant notamment un accusé de réception de sa requête permettant de prouver la date de son enregistrement, en sus des mentions enregistrées dans l’informatique. De plus, l’éventuelle défaillance surabondante d’une partie, qui aurait elle aussi perdu le dossier, pourrait être réparée par l’autre partie à qui les mémoires et pièces ont été communiquées. Quant à l’hypothèse dans laquelle le greffe, la partie demanderesse et le défendeur auraient tous trois perdu l’intégralité du dossier, elle relève de la pure science-fiction.

Dès lors, l’adirement (ou l’adiration, selon le Répertoire général alphabétique du droit français de 1887) n’aurait, a priori, de conséquence que dans deux situations très précises. La première serait la perte de la requête par le greffe, avant même qu’elle ne soit communiquée au défendeur, et dans le cas où l’auteur soit un simple particulier qui ait négligé d’en garder une copie. La seconde serait la perte de pièces originales qui, du fait de leur volume, n’ont pas été communiquées au défendeur et dont le requérant n’aurait pas non plus gardé de copie. Deux hypothèses somme toute marginales et qui expliquent que le sujet n’ait pas plus mobilisé la doctrine.

Si par extraordinaire, cette situation survenait, s’agissant d’un agissement détachable de l’activité juridictionnelle, la responsabilité de l’État pourrait être engagée sur le fondement d’une faute simple (CE 28 novembre 1958, Blondet : RDP 1959, p. 982, note Waline).